
On nous avait prévenu. Rappelez-vous des petits rictus condescendants qui s'affichaient discrètement sur les visages de nos interlocuteurs quand on leur indiquait notre futur lieu de résidence : côte Est. S'agisssaient-il seulement des points de vue réducteurs et quelque peu mesquins de résidents bien installés sur leur littoral Sud-Ouest, ce lieu où il fait tellement beau que chacun y construit sa villa et sa piscine au soleil, quitte à réclamer plus tard le basculement des eaux des cirques plus dotées en eau, et donc en pluie ? Ces êtres de contradiction qui rêvent d'écologie et qui admirent la nature bétonnée depuis leur terrasse, jusqu'au lagon.
A la Réunion, il faut choisir sa côte, son camp. Bien sûr, cela n'intedit pas quelques transfuges et des trahisons momentanées, et sans enjeu véritable. Pour preuve, notre week-end.
Nous sommes panonnais. Oui, mais des Panonnais par accident si je puis dire, échoués ici par le hasard du jeu mutationnel. Faut-il que nous subissions cette saison "sèche", mais que l'on peut raisonablement qualifiée de "pourrie" ? La Réunion, est-ce le bagne ? Est-ce la Guyane (spéciale CetC) ?
Je réponds stop. Halte au W-E pluvieux. Et ici, comme vous l'avez compris, quand on veut être sûr de changer de climat, on change de côte. 1h30 de route pas plus, même si, bien entendu, ça bouchonne un peu ici où là.

Nous atterrissons dans un "chalet" sympathique, mais rustique (pas un "chalet du grand-père" mais presque, pour nos habitués des séjours à Villarodin) avec vue splendide sur la mer, et piscine californienne à disposition. ça roule.
Pour vous laisser deviner le tempo de nos journées, quelques aquarelles que l'on pourrait intituler :"bord de mer sous les filaos (ces grands arbres entre le sol pleureur pour le port nonchalant et le pin pour l'aciculaire des frondaisons)", "plage", "palmier" (celle-là a été faite depuis chez nous, mais on va dire que c'est universel, même si, comme je l'expliquais à des élèves choisir un palmier pour représenter sur une carte un lieu touristique italien n'est pas une bonne idée).
On traîne sur la plage de l'hermitage : magnifique lagon que nous connaissons déjà, et sur celle de Boucan-Canot, pour voir à quoi ressemble les grèves à surfeurs et maillots chics. Plage de riche quoi.
Je tente de bronzer un peu du torse, blanc comme un cachet d'aspirine, pour faire mon malin à Bras Panon...mais en fin de compte les occasions de montrer ses abdos ne se présentent pas régulièrement.
