le blog reunion est une sorte de journal ouvert sur notre vie réunionaise. Prévu à la base pour communiquer facilement avec notre famille, il nous permet de plus en plus de de faire découvrir cette île magnifique.
J'avais pourtant lancer un ultimatum à Simon... mais je craque! Je ne peux pas ne pas vous raconter nos exploits! Vous avez vu les photos mais vous ne savez encore rien de cette épopée que nous avons vécue et qui a laissé notre corps endoloris (surtout le mien... bon d'accord, uniquement le mien mais ça fait mal!)
Nous partîmes le coeur vaillant dès 7h du matin pour nous rendre, « en une heure de temps » comme on dit ici, au gîte de Belouve. Enfin le croit-on... Ce n'est qu'après avoir sérieusement mis en doute notre sens de l'orientation, en cheminant sans reconnaître notre route, que nous avons soudainement compris que nous n'étions pas parti du bon parking. Le parking que nous visions est inaccessible aux voitures le week-end. Une fois ces petits soucis techniques résolus, nous avons facilement rejoint le chemin qui longe la crête donnant sur Salazie. La vue est dégagée et l'on distingue très bien Hell-bourg et son plan en damier dominé par le piton d'Anchaing. La route suit la crête et traverse la forêt primaire de Bélouve. Le spectacle de cette nature intacte est surprenant mais nous n'en profitons pas autant que nous le souhaiterions : le chemin est envahi par la gadoue. Si cela ne gêne pas Chantal, cela me force moi à des cabrioles pas toujours reluisantes. J'évite la chute mais mes chaussures se retrouvent rapidement pleines de boue (celle de Chantal sont impeccables, mais comment fait-elle?) Les quelques randonneurs, avec qui Chantal tape la causette en nous attendant, n'atténuent pas notre sensation de solitude. Le temps se couvre et nous déjeunons sous les parapluies après avoir mis la main sur nos couverts. Puis la balade continue encore et encore. Le chemin devient moins boueux et nous nous occupons en faisant quelques rigolades marmelades. Puis soudain, au loin, apparaît le toit du gîte : la caverne Dufour est devant nous! Encore quelques pas et nous y sommes... Voilà! On aperçoit notre objectif grâce à quelques éclaircies. Cela faisait 6h30 que nous étions partis de le voiture. Simon et Chantal font une petite sieste puis on se retrouve pour une dodo tandis que les randonneurs gagnent le gîte (90% arrivent de Cilaos, 3h30 d'escaliers). Parmi eux des visages connus... Nous retrouvons là deux couples que nous avions croisés au grand Bénare. Incroyable ! On passe la soirée à discuter devant un rougail saucisse et un rhum arrangé goyavier. Puis vient l'heure d'aller au lit... il est 19h!
Surprise, je trouve facilement le sommeil. Tant mieux, le réveil le lendemain est rude. Il est 4h quand Chantal vient nous réveiller. A peine le temps de mettre les chaussures et nous sommes déjà en route, frontale au front. Je tarde un peu, le choc est rude. J'ai la tête qui tourne. On laisse s'échapper Chantal avec pour mission de prendre des photos du levée du soleil car nous n'y arriverons jamais à temps. C'était sans compter sur l'épaisse mer de nuage qui bouche l'horizon. Elle nous laisse un délai raisonnable et nous apparaissons au sommet des sommets de l'océan indien en même temps que l'orbe solaire. La classe !
Evidemment, vous noterez que la météo aurait pu être plus propice. Que nenni ! La lumière a dissipé les brumes matinales et découvre peu à peu un panorama incroyable. Les jumelles que Christine a offert à Simon ce noël nous le grossisse un million de million de fois. C'est beau. C'est énorme. Nous voyons même notre forêt de départ; même notre maison et à l'intérieur... Bon, faut pas trop déconner quand même, Bras Panon est caché par le relief.
Ensuite 1600 mètres de descente nous attendent, coupés par un petit déjeuner au gîte où Chantal presse un retraité (enfin, je n'ai pas trop compris s'il l'était ou non. Il avait l'âge de l'être en tout cas).
Je finis la marche en mode économie d'énergie et, c'est enfin le retour au confort de la maison. Le luxe c'est vraiment du confort et pas vice versa (l'air au-dessus de 3000 m rend très inspiré).
Nous continuons notre visite de l'île les jours qui suivent par des excursions, comme celle à Hell Bourg. Les cases créoles sont d'authentiques pièges à touristes. Non, j'exagère. Le charme du village, au contraire, c'est qu'il a encore sa propre vie autochtone. Les types qui attendent dehors que la pluie cesse en buvant leur dodo. Les ouvriers qui regardent longtemps, très longtemps, les murs d'une bâtisse à rénover, avant de faire quelques gestes pour enlever un peu de peinture écaillée. Les jardiniers qui font la pause sur le bord du chemin. Il faut dire, il tourne autour de midi. Ça peut donc se comprendre.
Nous découvrons la somptueuse maison folio, qui n'est pas, non, une maison d'édition, mais une case typique genre monument historique avec un jardin très bien pourvu et entretenu. On apprend plein de choses mais on ne vous les dira pas... (non, mais, oh : les profs !).
Puis Chantal nous quitte. On mange les restes de la veille qu'elle avait préparé. C'est bien triste (enfin on mangeait...je vous rassure, c'est fini).
Bientôt d'autres voyageurs. Une spéciale photo de la maison folio à qui devinera leur identité. Attention, ceux qui se trompent seront rayés de la news letters.
Vous avez compris, depuis plusieurs lignes Simon a pris le contrôle du clavier. Claire ne désabonnerait personne de son blog qu'elle a si soigneusement construit (félicitons-la au passage).